Sunday, 12 September 2021

Marie Dauguet: 'L'air est d'un bleu trop vif...'


 

L’air est d’un bleu trop vif...

 

L’air est d’un bleu trop vif de préraphaélite,

Limpidement qui coule et tout rebrodé d’or,

En noirâtres massifs des buis taillés limitent

L’allée, et deux grands lys ouvrent leur pur trésor;

 

De frêles rosiers blancs rehaussent le décor,

Où du silence errant si doucement palpite,

Leur floraison de marbre au gré du vent s’effrite,

Sous les murs de feuillage étouffant leur essor.

 

Et là-bas, tout au fond du sombre corridor,

Que forment les buis noirs au somptueux parfum,

C’est Rome en la lumière éclatante qui dort,

 

Morte sous le ciel bleu près du Tibre défunt,

Dont le cours arrêté visqueusement étreint

Sa berge abandonnée au pied de l’Aventin.

 

 

The glaring blue of the air…

 

The glaring blue of the air is pre-Raphaelite,

Limpidly flowing and embroidered with fine gold;

Trimmed boxwood hedgerows in blackish massifs hold tight

The path, and two large lilies pure treasure unfold.

 

The decorous scene frail white rosebushes augment,

Where straying silence with great gentleness pulsates,

Marble-hued flowering crumbles as the wind dictates,

Beneath walls of foliage stifling their ascent.

 

And over at the murky corridor’s far end

Formed by the black box-hedges with their pungent scent,

Lies Rome in the quite dazzling light that’s lost in sleep,

 

Dead beneath blue skies near a Tiber long deceased,

Whose halted course holds in a viscous, stiff embrace

Its bank abandoned at the Aventine Hill’s base. 


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