Saturday, 13 August 2022

Marie Dauguet: 'Sous la visqueuse nue'



Sous la visqueuse nue

 

Sous la visqueuse nue aux formes d’hippocampe,

Près de l’étang d’or noir sombrement croupissant,

Alors que le soleil descend, mystique lampe,

A travers les roseaux qui se teignent de sang,

 

Je m’enivre à te boire aux berges que détrempe

L’averse, parfum, philtre d'amour, tout puissant

Parfum de ferments et de vase où la nuit rampe;

Par toi tout le mystère où l’on vit se pressent.

 

Loin de ce que je suis, en quelle inconscience?

J’ai savouré déjà tes voluptés intenses,

Mais je ne sais plus où… mais je ne sais plus quand…?

 

Perdue au grand remous des luxures fécondes,

Je partageais la vie indistincte des mondes

Et des premiers baisers, le spasme suffoquant.

 

 

Beneath the viscous cloud

 

Beneath the viscous cloud of changing seahorse forms, 

Close to the gloomy stagnant pond, black-gold in hue,

When the setting sun sinks, that lamp which all transforms,

Across the reeds which dye themselves blood-red anew,

 

From drinking you on banks the shower now moistens, I

Get drunk, O perfume, my love-potion, potent scent,

A blend of mud and ferment where night lurks nearby;

Through you the total mystery of life is sensed.

 

Far from that which I am – unconsciously maybe ? –

I’ve already savoured fierce pleasures you unfurled,

But I’ve forgotten when… and I’ve forgotten where…?

 

Lost to the swirling tide of fertile lechery,

I fully shared the indistinct life of the world,

Its first embraces – spasms where I gasped for air.

 

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